Le pipeline Keystone XL est-il encore réalisable en 2025?
Même si le président américain Donald Trump et plusieurs dirigeants canadiens sont favorables à la renaissance du projet de pipeline Keystone XL, est-ce que ce projet est encore profitable pour le Canada et réalisable?
La Saskatchewan et l’Alberta, notamment, ont manifesté leur soutien au projet sur leurs réseaux sociaux.
Plus tôt mercredi, le premier ministre saskatchewanais Scott Moe a interpellé Donald Trump et Justin Trudeau sur une publication X précisant que tous les permis de construction de pipeline en direction de l'est, de l'ouest ou du sud reçus en Saskatchewan seront considérés comme préapprouvés
. Il encourage également les autres dirigeants provinciaux et Ottawa à faire de même.
Dans le cas de Keystone XL, le problème majeur est le manque actuel d'opérateurs pour le projet.
En automne dernier, l’opérateur de pipelines South Bow s’est dissocié de sa compagnie mère TC Énergie, autrefois connue sous le nom de TransCanada. Depuis le regain d’intérêt entourant le projet que South Bow et TC Énergie pilotaient depuis ses débuts, la société a indiqué avoir tourné la page
.
Le professeur de génie industriel à l’Université de Regina, Amr Henni, est lui aussi plutôt frileux sur le projet.
C’est un projet à haut risque qui a déjà été mis sur pause deux fois, il serait difficilement profitable.
Amr Henni rappelle également les fuites qui ont déjà eu lieu lors des premières phases du projet qui ont fortement refroidi les gouverneurs des différents États américains que le pipeline devait traverser.

L'expansion de Keystone XL aurait traversé les États-Unis, passant de l'Alberta jusqu'aux raffineries du sud des États-Unis. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Un projet avantageux pour les Américains, moins pour les Canadiens
Bien que la majorité de la partie canadienne de l’oléoduc soit finalisée, sa construction aux États-Unis doit presque repartir de zéro en raison de ses arrêts successifs. Le projet a été arrêté une première fois sous l’administration d’Obama puis sous Joe Biden.
Selon le professeur Amr Henni, il serait également très difficile de rendre ce projet avantageux pour les Canadiens en 2025. En effet, il explique que les fluctuations du prix du baril et les tarifs douaniers de 10 % qui pourraient entrer en vigueur désavantagent le Canada.
Le baril de pétrole n’est plus à 100 $, il a beaucoup baissé et avec des tarifs c’est encore pire
, pense l’expert.
Glenn Wright, membre du conseil d'administration de la Société environnementale de la Saskatchewan, est du même avis. Selon lui, il n’y a aucun argument viable pour construire un nouveau pipeline, particulièrement dans le marché actuel.
Il ajoute que la Saskatchewan devrait plutôt investir dans des énergies renouvelables, soit l’énergie solaire. Il estime que la province aurait le plus grand potentiel au Canada dans ce domaine, mais qu'elle ne l'exploite pas suffisamment.
Le professeur Amr Henni croit que la sortie récente du président sur Keystone XL démontre que les États-Unis sont dépendants du pétrole canadien, même si Trump affirmait le contraire en janvier.
En effet, le type de pétrole qui serait transporté dans ce pipeline a un caractère spécial notamment en raison de sa teneur en soufre qui est fortement intéressante pour les raffineries américaines. C’est le seul type de pétrole que ces raffineries peuvent exploiter, alors ils en ont vraiment besoin
, explique l’expert.
Les raffineries du sud-ouest des États-Unis sont également les seules à pouvoir exploiter ce type de pétrole, selon Amr Henni.
De son côté, le ministère fédéral des Ressources naturelles rappelle d'abord par courriel que le Canada a complètement approuvé le projet il y a quelques années. Cependant, le contexte actuel de tarifs injustifiés et les menaces contre la souveraineté canadienne nuisent à la capacité et au désir du Canada d'être un partenaire énergétique avec notre voisin au sud de la frontière
, selon le ministère.
Avec des informations de Luigi Wahmereungo Palmieri
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